Le cerveau musical

Le cerveau musical par Laure Pommery

 

Pratiquer un instrument de musique apporte bien plus que le plaisir de jouer. Ce processus active toutes les zones du cerveau, une véritable symphonie neuronale! 

À tout âge les bénéfices sur la mémoire et le langage sont démontrés. Découvrez les bienfaits de la musique sur le cerveau grâce aux recherches en neurosciences.

Des connexions impliquant tout le cerveau

 

Le cerveau du musicien possède une meilleure connectivité entre les neurones et entre les régions cérébrales que celui d’un non-musicien. Les différentes zones du cerveau traitent simultanément des informations différentes en séquences complexes et rapides. Jouer d’un instrument engage à la fois le cortex visuel, auditif et moteur.

D’après des études scientifiques, l’écoute de la musique ne stimule pas les mêmes aires que la pratique qui sollicite le cerveau tout entier.

Quand une musique nous plaît la dopamine est relâchée dans le cerveau et active le système de la récompense comme le plaisir de manger du chocolat.

Au niveau biologique le cerveau est plus plastique entre 5 et 7 ans  mais les apports de la musique sont profitables et durables à n’importe quel âge. La musique compense les pertes d’ouïe et freine le vieillissement cognitif.

 

Des capacités cognitives, motrices et mémorielles améliorées

 

Dès la naissance le cerveau du bébé réagit avec discernement à la musique même dans des variations subtiles de mélodies.

Apprendre tôt la musique aide à développer les zones du cerveau lié au langage et à la réflexion. La manipulation des syllabes augmente les fonctions cognitives associées au langage.  La musique favorise la curiosité, l’attention, les émotions et la mémorisation à court et à long terme. 

Ainsi, les jeux rythmiques, d’écoute et de discrimination sonore mais aussi l’écoute intérieure et la pensée abstraite activent intensément le cortex auditif et moteur.

Selon les études d’Anita Collins, jouer de la musique demande de la motricité fine qui est contrôlée par les deux hémisphères du cerveau. Cette pratique augmente l’activité dans le corps calleux du cerveau, pont entre les deux hémisphères.

En effet, la technique musicale accroît la dextérité et le toucher par la coordination motrice, le geste précis et l’orientation spatiale. 

 

Des facultés influant sur tous les apprentissages

 

Selon des études menées par Isabelle Peretz, chercheuse en neurocognition,  les élèves participant à une chorale ou un orchestre réussissent mieux dans les matières telles que les maths et la biologie. 

La pratique de la musique demande de la discipline, de la persévérance. On retrouve ensuite ces qualités dans d’autres activités.

De plus le jeu en groupe favorise la socialisation, développe la créativité et l’esprit de collaboration et l’altruisme.

Le cerveau du musicien est un orchestre hyper-connecté. L’apport neuroscientifique fournit des arguments de poids pour encourager la pratique musicale à tous les âges de la vie.

Légende : Vidéo crée par Jean-Michel Viel avec Powtoon. 

Sources:

Isabelle Perezt: “Apprendre la musique: nouvelles des neurosciences” livre aux éditions Odile Jacob.

Anita Collins: https://www.ted.com/talks/anita_collins_how_playing_an_instrument_benefits_your_brain?language=fr#t-46790